d'autres amis nous quittent / MARV KENEILED ALL
MANDELA !
Setu un destenn skrivet gant Kristian Guyonvarc’h a lavar mat tre ma soñj hag hini kalz a dud er bed holl
Voici ce qu’a écrit Christian Guyonvarc’h qui reflète bien mon sentiment et celui de beaucoup dans le monde
This text by Kristian Guyonvarc’h expresses my and many people’s feeling
Communiqué, Brest, le 6 décembre 2013
Nelson Mandela: l’homme qui mit son accession au pouvoir
au service d’un idéal de justice et de liberté
La mort imminente de Nelson Mandela était pressentie depuis plusieurs mois. Pourtant, face à la réalité de son départ, l’émotion dans le monde est immense et sincère. Cette émotion est à la hauteur de la force du message de Madiba. Sur tous les continents Nelson Mandela incarnait les aspirations universelles et intemporelles à la liberté et à la justice mais, plus encore, il symbolisait la force bienveillante de celui qui sait pardonner à ses oppresseurs pour le bien de la communauté.
Des discours officiels, portés par des politiques ou de pseudo-scientifiques, ont longtemps dénié à l’homme africain d’être jamais entré dans l’Histoire. Pourtant, les générations à venir se souviendront qu’au tournant de deux millénaires, après l’indien Gandhi et l’afro-américain Luther King, c’est un fils de Mvezo, petit village au bord de la rivière Mbashe, qui a porté sur ses épaules l’espérance d’un monde meilleur.
Nelson Mandela est un héros des temps modernes, mais il n’était ni un dieu ni un saint, c’est en cela qu’il est admirable. Dans son autobiographie, « Un long chemin vers la liberté » (*), il retrace avec honnêteté un parcours personnel où le soutien à la lutte armée pour faire tomber le régime oppressif de l’apartheid n’a pas été absent. Il n’en est pas moins vrai que Nelson Mandela, détenu durant 27 ans, a mis à profit son emprisonnement pour apprendre la langue de l’ennemi, l’afrikaans, afin de mieux le comprendre et pouvoir lui tendre la main. Il fit ce geste incroyable, que beaucoup de ses soutiens en Afrique du sud n’ont pas compris dans l’instant, car il avait la conviction que faire de son ennemi un partenaire s’imposait pour trouver avec lui le chemin vers la démocratie et éviter un bain de sang. Il prit ce risque personnel afin que les enfants des opprimés et ceux des oppresseurs puissent vivre ensemble, dans la paix. Il consacra les huit dernières années de sa captivité – huit ans! – à des rencontres avec les dirigeants sud-africains de l’époque. Sans rien céder sur ses objectifs politiques, alors que certains de ses plus proches soutiens y voyait une impasse, il maintint avec fermeté la voie du dialogue.
Nelson Mandela est sorti grandi des années d’enfermement auxquelles le régime d’apartheid l’avait condamné. Son courage et son humanité lui ont permis d’être un immense président, qui posa les fondations d’une Afrique du Sud à la fois une et multiple, la « nation arc-en-ciel », où l’égalité en droit et la diversité ont pu se conjuguer. Ses successeurs à la tête du pays ont aujourd’hui la lourde responsabilité de faire vivre cet héritage.
A titre personnel, comme beaucoup je lui dois mon éveil à une forme de conscience universelle et mon engagement citoyen. Les enseignements de sa vie et son message politique continueront à rayonner pour être transmis aux générations nouvelles et à venir, et j’espère pouvoir contribuer à cette transmission. Je veux associer à cet hommage personnel le souvenir de Dulcie September, représentante de l’African national congress (ANC) en France, qui me permit de concrétiser mon engagement contre le régime d’apartheid, et qui tomba sous les balles de ses assassins le 29 mars 1988 à Paris. Dulcie repose au cimetière du Père Lachaise.
Christian Guyonvarc’h
conseiller régional de Bretagne / kuzulier-rannvro Breizh
(groupe UDB, autonomie et écologie / strollad UDB, emrenerezh hag ekologiezh)
(*) « Long walk to freedom », édité en anglais en 1994, traduit et publié en français (« Un long chemin vers la liberté ») chez Fayard en 1995, réédité en 2012.
